L’archéologie du bâti est une méthode d’analyse des espaces conservés en élévation. Elle est régulièrement sollicitée dans le cadre d’études préalables à la restauration ou à la destruction de monuments anciens.

Elle consiste à utiliser différents outils, principalement archéologiques et archéométriques, dans le but de comprendre la mise en œuvre et l’évolution d’un ensemble construit, dans ses caractéristiques et fonctions.

L’étude totale ou partielle d’un bâtiment ou ensemble de bâtiments réclame alors, en complément de l’analyse des sources textuelles, iconographiques et graphiques, d’appliquer les principes de lecture stratigraphique à leur enveloppe, leurs organes structurels internes, ainsi qu’à leur(s) niveau(x) de circulation et de couverture.
Les composantes architecturales (mur, enduit, baie, niche, etc.) sont traitées comme des Entités Archéologiques Construites (EAC) et comme des Unités Stratigraphiques Construites (USC) selon leur nature, leur composition et leur homogénéité. À l’intar des entités et unités étudiées dans le cadre de l’archéologie sédimentaire, ces EAC et USC doivent faire l’objet d’un enregistrement systématique et d’une documentation photographique et graphique brute et interprétative (coupes, relevés planimétriques, relevés d’élévation, relevé scanner 3D).

Dans le cadre monographique, l’archéologie du bâti permet de définir les principales caractéristiques d’un monument ou d’un groupe de monument, d’approcher la date de sa mise en œuvre et de circonscrire, s’il y a lieu, ses différentes phases de transformation et de restauration. L’établissement d’une chronologie relative repose sur les relations stratigraphiques mises en valeur par l’analyse et par l’étude des matériaux et des principes de construction.

Les outils de datation absolue peuvent également être sollicités afin de fournir des séquences chronologiques privilégiées.Les analyses 14C sont alors envisagées pour les éventuels charbons de bois présents à l’intérieur des liants de maçonneries et enduits. Les analyses physico-chimiques sont mises à profit pour les mortiers. Les analyses xylologiques et dendrochronologiques sont utilisées pour les structures charpentées et/ou à pans de bois. Enfin, les analyses par archéomagnétisme, thermoluminescence ou Luminescence Optiquement Stimulée peuvent être réalisées pour les terres cuites architecturales (TCA).

Orientations bibliographiques :

. Isabelle PARRON-KONTIS et Nicolas REVEYRON (éd.), Archéologie du bâti. Pour une harmonisation des méthodes, Éditions Errance, Paris, 2001.

. Yves ESQUIEU, « L’archéologie du bâti en France », dans Archeologiadell’architettura, ArcheologiaMedievale, tome II, 1997, p.133-140.

. Florence JOURNOT, « Archéologie du bâti », dans Jean-Claude BESSAC et Alii, La construction. Les matériaux durs : pierre et terre cuite, Éditions Errance, Paris, 2004 (édition originale Errance, Paris, 1999), p. 169-196.

Auteur : David Morel

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